La personnalité du vigneron

La personnalité du vigneron

On me dit jusqu’au-boutiste et passionné…

Je suis imprégné des riches rencontres que j’ai faites avec des gens singuliers, francs-tireurs. Ils m’ont incité à sans cesse explorer et à comprendre les mécanismes physico chimiques de la vigne et du vin, dans sa vinification comme son élevage.

Je considère mes vins quasiment comme mes enfants, et je ne fais aucune concession quand il s’agit de leur offrir le meilleur pour leur qualité.

Voici en quelques mots, les principaux axes de ma démarche à la vigne et au chai.

À la vigne

Mon objectif à la vigne est d’interpréter le terroir exceptionnel du Domaine, c’est-à-dire de produire des raisins sains et propres qui exprimeront au mieux son potentiel.

domaine-3.jpg

Approche bourguignonne des parcelles

Comme le vignoble du Domaine est situé sur un coteau, je me suis inspiré de ce qui se fait en Bourgogne, où les vignes sont le plus souvent implantées sur des pentes selon les zones appelés climats. L’expérience a montré là-bas que la situation la plus favorable est en général au milieu du versant, où se situent d’ailleurs la majorité des Premiers Crus et Grands Crus.

J’ai cherché à respecter cette approche parcellaire pour donner une identité propre à chacune de mes cuvées:

sol-2-centered.jpg

Gestion durable de la vigne

Depuis mon arrivée au Domaine, je conduis la vigne en respectant le sol et en limitant au maximum les produits phyto-sanitaires.

Libre et passionné, je poursuis cette voie sans revendiquer d’étiquette, en mon âme et conscience, guidé par un amour profond et sincère de la terre.

Cette approche me fait adopter des comportements très exigeants. Je travaille les sols avec un assolement biennal et des engrais organiques pour entretenir mon domaine avec douceur. Je soigne ma vigne comme on prend soin d’un enfant.

La gestion du vignoble est durable, avec une approche globale qui favorise les écosystèmes. Les parcelles sont traversées de haies spontanées et entretenues, de nombreux arbres bordent les parcelles. Le nom de « Bouscat » vient d’ailleurs de « bosquet ». Cette biodiversité permet de réguler les ravageurs et limiter les maladies de la vigne.

raisin-1.jpg

Conduite fine des cépages

4 des 6 principaux cépages rouges autorisés en Bordeaux se retrouvent au Domaine :

Cette diversité de cépages me réjouit et me permet des assemblages riches et complexes pour mes vins.

Dans le chai

Ce qui fait la différence, et finalement la finesse et l’équilibre des vins, c’est une somme de petits détails mais de grandes exigences, de la vendange jusqu’à la mise en bouteilles.

recolte-5-mod.jpg

Recherche méticuleuse du fruit dès les vinifications

Un journaliste (Jean Marc Gatteron de la revue « Le Rouge et Le Blanc ») a dit de mes vins qu’ils répondent aux 3 F : Fruité, Floral et Frais.

J’ai en effet une « obsession » de la finesse et du fruit qui explique mes choix techniques singuliers.

Je pratique la macération sulfitique préfermentaire car elle offre l’avantage d’une forte extraction non mécanique, ce qui limite le risque d’avoir des arômes végétaux. Elle permet de développer des vins plus fruités, plus ronds, aux tannins plus fins.

Pour Caduce, Belle-Annie et Gargone, la vinification se fait en cuve béton thermorégulées et affranchies au tartre.

Pour ma grande cuvée Les Portes de l’Am…, la fermentation alcoolique se fait intégralement en demi-muids (barriques de 600 litres) qui me permet de faire des pigeages classiques puis à la main. Piger à la main représente une extraction très intense mais douce. Cela évite d’esquinter les pépins, qui pourraient libérer des tannins astringents et ternir la pureté des arômes. Pour cette cuvée d’exception, j’ai aussi pour habitude de faire un « prépressurage » à la main pour récolter un jus le plus pur possible avant le passage au pressoir.


vendanges-1.jpg

Le pressurage lui-même est réalisé dans un pressoir traditionnel vertical d’une capacité de 5 hectolitres avec une cage en bois avec des étages d’osiers, qui presse le marc avec souplesse pour ne pas écraser les pépins.

Il est piloté sur mesure, c’est-à-dire sans programme systématique mais avec des réglages (temps et pression) adaptés pour chaque fraction de marc en fonction de sa position au fond de la cuve, qui donne un jus de presse aux caractères différents. Les queues de presse sont plus concentrées, et mises à part pour être assemblées ultérieurement en fonction de l’élevage des vins.


recolte-4.jpg

Des assemblages : du classique à l’original

recolte-8.jpg

Les paradoxes de nos élevages

Tous nos vins sont élevés en barriques. Les tonneliers qui nous fournissent sont de véritables partenaires. Leurs barriques de 300, 320 ou 600 litres sont élaborées avec un cahier des charges spécifiques par rapport à mes souhaits.

Ce qui permet d’arriver au premier paradoxe : un minimum d’intervention mais un maximum de suivi. Pour moi, l’élevage est le temps où le vin « grandit », « mûrit », comme un enfant sous l’œil attentif de son père.

Je soutire très peu mes vins, préférant les garder sur lies fines. Le format du demi-muid s’y prête puisqu’il permet d’augmenter la surface du vin en contact avec les lies.

L’intérêt d’un tel élevage est double : d’abord les lies ont un apport bénéfique pour le gras des vins ; ensuite, comme elles contribuent à une réaction de réduction dans les vins, il est moins nécessaire de recourir au SO2 pour contrer l’oxydation des vins. Mes vins ont dès lors des teneurs en sulfites totaux particulièrement basses (de l’ordre de 25 à 45 mg/l de H2S04).

Peu d’intervention donc mais énormément de suivi (dégustations très fréquentes) pour surveiller l’évolution du vin.


glasses-2.jpg

Autre paradoxe, la longue durée de l’élevage en fût de mes vins. Je constate que, contrairement aux idées reçues, mes vins gagnent encore en finesse à rester plus longtemps en barriques et demi-muids.